
HILOBAND de AKTIIA
L’intégration des tensiomètres “cuffless” (mesures sans gonflement d’un brassard) pour la télésurveillance de l’HTA pose encore plusieurs défis techniques qui limitent encore son adoption généralisée en routine clinique déclaration du Pr Xavier Girerd pionnier en France dans l’utilisation médicale du HiloBand (Aktiia) pour la télésurveillance des sujets traités pour une hypertension artérielle.
1. Défis de validation
Le passage des modèles théoriques à la pratique clinique se heurte à un manque de protocoles universels pour les dispositifs basés sur l’IA.Absence de “Gold standard”: Les dispositifs utilisant le PPG et l’IA pour estimer la pression artérielle (via le temps de transit du pouls ou l’analyse d’onde) ne disposent pas encore de protocoles de validation aussi robustes que ceux de l’AAMI/ESH/ISO pour les tensiomètres à brassard.
2. Défis de fiabilité
Performance en vie réelle : Si les algorithmes ont été performants lors de leur validation par comparaison aux mesures intra-artérielles, leur précision chute face à la difficulté d’obtenir un signal de qualité suffisant pour calculer le temps de transit du pieds de l’onde PPG. Des paramètres comme l’épaisseur du derme, la couleur de la peau, la température cutanée, les mouvements de la main et des doigts vont rendre le signal inexploitable. Sur 24 heures, le nombre de signaux permettant une analyse du signal sont le plus souvent < 40, soit un nombre plus faible que celui obtenu avec une MAPA sur 24 heures. Dans la pratique des spécialistes hypertensiologues utilisateurs du Hilo Band, la durée recommandée pour le port du bracelet est d’au moins 7 jours afin d’obtenir entre 200 et 300 mesures.
Fiabilité dépendante de la calibration initiale : Tous les systèmes cuffless nécessitent une calibration lors de la mise
en place du dispositif. La calibration est INDIVIDUELLE. Avec Hilo Band , la calibration se fait avec un brassard oscillométrique (Hilo Cuff ) positionné au niveau du bras (fourni avec le bracelet). Les travaux menés par le groupe de recherche du Think Tank Hypertension France ont montré que la fiabilité du Hilo Band était variable selon la valeur obtenue lors de la calibration. Il a été montré que l’algorithme développé pour le Hilo Band avait un biais de compression algorithmique (très habituel avec les modèles utilisant l’IA). Ce biais est lié à l’entraînement de l’IA sur des populations ayant des niveaux de pression artérielle non élevés. Le biais consiste à ne pas per-mettre la lecture d’une SYS-DIA au-dessus et au-dessous d’un seuil qui est propre à chaque sujet.
Selon les travaux réalisés à Paris, les valeurs minimum et maximum calculées par l’algorithme sont exclusivement retrouvées autour de la valeur de calibration individuelle. Ces valeurs butoirs varient selon la valeur de calibration pour la SYS et la DIA.:
–
pour une SYScalibration= 130, les valeurs du rapport HiloBand ne seront jamais inférieures à 106 mmHg (-24) et jamais supérieures à 151 (+21).
Si la SYScalibration=160, les valeurs du rapport HiloBand ne seront jamais inférieurs à 132 mmHg (-28) et jamais supérieurs à 182 (+22).
Les valeurs plafond/plancher données pour la DIA sont aussi soumises aux contraintes de la compression algorithmique. Les travaux réalisés à Paris sur l’analyse systématique de 36 séquences de 7 jours consécutifs chez des sujets ayant une hypertension artérielle apportent un éclairage différent car .l’intervalle de confiance est asymétrique : la compression est plus forte sur les valeurs maximum.
– pour une DIA calibration=80 le plafond est de 91 mmHg et le plancher de 61 mmHg.
– pour une DIAcalibration =100 le plafond est de 112 mmHg (+12) et le plancher de 77 (-23).
Cette compression algorithmique n’est pas retrouvée pour les valeurs de la FREQU, car cette variable n’est pas calculée par l’algorithme mais directement mesurée par une simple détection du signal PPG avec un calcul direct de l’intervalle séparant 2 signaux successifs.
La conséquence directe de la compression algorithmique observée avec la version logicielle actuelle du Hilo PPG este le calcul du % de dipping, chez le même sujet, avec les valeurs de SYS/DIA calculées par Hilo Band ou par ABPM (méthode gold standard) indique des valeurs toujours inférieures que celles données par la méthode de référence (ABPM). Cette donnée est reconnue depuis 2023 et les travaux réalisés à Paris ont montré que c’était la compression algorithmique sur les valeurs de sommeil qui était à l’origine de cette différence sur le calcul du % de dipping. Une correction algorithmique est nécessaire pour reconcilier les valeurs de SYS/DIA nocturnes dont la baisse dépasse le plancher algorithmique défini par les ingénieurs du HILO et aussi des autres dispositifs utilisants l’analyse du signal PPG (Samsung, Applewatch…). Les recherches réalisées à Paris dans le cadre du projet médecine de précision en HTA et coordonnés par le Pr Girerd (Paris, France) en collaboration avec les datascientists de Qualit.ai apporteront à terme une solution à cette limitation actuelle du HiloBand et des autres dispositifs de mesure de tension cuffless
Février 2026 – Fiabilité du HiloBand et importance de la calibration individuelle : publication d’une étude indépendante dans SYSTOLIK
Les méthodes cuffless permettent d’évaluer la pression artérielle chez un sujet pendant son sommeil sans provoquer un réveil lié au gonflement du brassard de compression. Ainsi de nouveaux paramètres pour le diagnostic et la surveillance des patients hypertendus sont disponibles pour les médecins qui équipent leur patient avec un bracelet HILO. Pour le Pr Xavier Girerd, un pionnier dans l’usage du HiloBand chez des patients hypertendus, il suffit de porter un HILO pendant une semaine pour obtenir toutes les informations sur la pression artérielle qui permettra de décider de l’indication d’un traitement et d’évaluer l’efficacité d’un traitement antihypertenseur
La mesure cuffless c’est une nouvelle mesure de prise de pression artérielle sans brassard, avec des objets qui sont connectés et donc une technique qui s’appelle de la plethysmographie qui va venir mesurer la pression artérielle grâce à de la mesure d’onde de pouls, notamment. Ça permet d’avoir des mesures de pression artérielle de façon un peu continue donc c’est une nouvelle approche sur la prise de pression artérielle. Le seul dispositif cuffless qui est validé sur le plan médical, c’est le bracelet suisse Aktiia, un bracelet qui ne donne pas l’heure. Par contre, toutes les montres connectées que l’on voit pour l’instant sont des gadgets. On ne peut pas les utiliser pour la mesure de pression artérielle. Avec l’avènement des technologies du numérique je pense qu’il faut s’approprier ces nouvelles méthodes bien sûr, travailler et bien les valider, mais c’est quelque chose de très important. Il va falloir savoir ce qu’on va faire de toutes ces données. C’est des nouveaux phénotypes de l’hypertension, presque, qu’on pourrait évaluer. On n’aura plus des pressions statiques mais peut-être des pressions dynamiques, de la pression artérielle par exemple nocturne, de la pression artérielle un peu constante, il va falloir gérer tout ce flux de données.
Source : Linkedin, avril 2025
J’ai testé la performance de la montre connectée Samsung Galaxy watch 4 pour mesurer la pression artérielle. C’est décevant !
La comparaison s’est faite contre :
La montre Samsung GW4 indique des chiffres de SYS/ DIA qui sont toujours les mêmes !
Ces chiffres sont en fait proches de ceux obtenus lors de la calibration initiale. Elle n’est pas capable de prendre en compte les changements de la pression artérielle de l’individu. Ces variations sont pourtant importantes au cours du cycle jour/nuit.
En avril 2025 je ne recommande toujours pas l’usage de la « montre connectée » pour surveiller la pression artérielle.
En revanche le bracelet AKTIIA Hilo band est très performant pour évaluer les changements de la pression artérielle (de repos).
Je l’utilise maintenant dans ma pratique de « spécialiste de l’hypertension artérielle » pour évaluer l’effet des traitement anti-hypertenseurs mais aussi pour connaître le niveau de la pression artérielle pendant le sommeil de mes patients).
Objets connectés dans le domaine de l’hypertension artérielle
Source : Archives des Maladies du Coeur et des Vaisseaux – Pratique. Volume 2025, Issue 336, April 2025
Les progrès technologiques récents, en particulier dans le domaine des objets connectés, offrent des perspectives prometteuses. Montres intelligentes, bagues connectées et smartphones équipés de capteurs avancés permettent désormais un suivi en temps réel de la pression artérielle sans nécessiter de dispositifs encombrants comme les brassards traditionnels. Ces innovations pourraient permettre une surveillance continue de la pression artérielle, une meilleure compréhension de ses variations dans la vie quotidienne et une amélioration du dépistage. Toutefois, leur déploiement soulève des enjeux importants en matière de validation clinique et d’acceptation par le monde médical. Cet article explore comment les objets connectés pourraient redéfinir le diagnostic, le suivi et le traitement de l’hypertension artérielle, mais également leurs limites actuelles, ainsi que les perspectives futures dans le contexte d’une médecine connectée en pleine expansion. Lire l’article complet
Source : Linkedin, avril 2025
Malheureusement, certaines sociétés savantes hésitent encore à reconnaître qu’un changement est nécessaire… et qu’il a déjà commencé.
Le même phénomène s’était produit lors de l’introduction des capteurs de glucose en continu, au début des années 2000. Aujourd’hui, on sait que, grâce aux pionniers qui les ont adoptés et continuellement améliorés, les CGMs ont transformé la prise en charge des patients diabétiques — pour toujours.
N’ayons pas peur du changement, et avançons ensemble vers un avenir meilleur !
Appareils de mesure de la pression artérielle sans brassard – Perspectives internationales sur la précision et l’utilisation clinique
Source : JAMA, juillet 2024
L’hypertension artérielle est un facteur de risque majeur et modifiable de décès et d’invalidité cardiovasculaires. Une mesure précise de la pression artérielle (PA) est essentielle au diagnostic et au traitement de l’hypertension. La mesure conventionnelle de la PA avec un brassard est recommandée, mais elle est difficile à réaliser pour les patients en raison de la gêne, de l’inconfort et des difficultés liées au choix de la taille du brassard et aux protocoles de mesure. L’émergence des appareils de mesure de la PA sans brassard offre l’opportunité de résoudre nombre de ces problèmes, notamment la gêne, le confort du patient, les exigences de positionnement et la mesure continue.
Les appareils de mesure de la PA sans brassard sont attrayants pour les patients et les cliniciens, mais la validation de ces technologies est essentielle avant leur déploiement en clinique. Les principaux problèmes qui subsistent concernent la précision et le risque de sous-traitement ou de surtraitement, l’accès équitable pour les pays à revenu faible et intermédiaire et les populations minoritaires, les préoccupations relatives à la confidentialité des données et le déploiement de ces appareils en pratique clinique.
Les cliniciens et les patients ne doivent utiliser que des dispositifs de brassard de pression artérielle validés jusqu’à ce que les dispositifs de mesure de la pression artérielle sans brassard soient correctement testés et validés. Lire l’article complet
Les tensiomètres cuffless sont récents. Ils sont utilisés dans de nombreux objets connectés (montres, bracelet AKTIIA, application mesure de tension sur smartphone). Ils utilisent des algorithmes d’IA pour estimer la pressioin artérielle.
Les tensiomètres cuffless proposent de mesurer la pression artérielle en se basant sur l’analyse de milliers de signaux optiques sur lesquels il est calculé le temps de transit de l’onde de pouls (Pulse Transit Time) et le temps d’arrivée de l’onde de pouls (Pulse Arrival Time). Le signal enregistré et analysé est acquis par le capteur optique d’un photopléthysmogrammes (PPG). La méthode PPG détecte les changements de volume sanguin dans les tissus, en particulier dans les petits vaisseaux (réseau microvasculaire). La photopléthysmographie est parfaitement non invasive et n’impose pas la compression des vaisseaux. Le capteur PPG détecte les changements dans la quantité de lumière transmise ou réfléchie et génère une forme d’onde PPG. Le volume et la dilatation des artères sont liés à la forme de l’onde PPG.
Le signal et les données collectés sont analysées en IA (Machine Learning) afin d’obtenir l’estimation de la pression systolique (SYS) et de la pression diastolique (DIA) à partir du signal optique. Plusieurs études cliniques ont montré la conformité de ces l’analyse de ces estimations algorithmiques par rapport aux valeurs de pression artérielle obtenues par les méthodes de référence (clinique et même intra-artérielle). Toutes ces technologies sont actuellement embarquées sur des objets connectés : bracelet, montre, bague, capteur smartphone. Les dernières validations montrent que les mesures de la pression artérielle ne nécessitent plus un étalonnage par rapport aux méthodes de référence. V
Ces méthodes cuffless vont permettre d’évaluer la pression artérielle chez un sujet pendant son sommeil sans provoquer un réveil lié au gonflement du brassard de compression. Ainsi il est probable que de nouveaux paramètres pour le diagnostic et la surveillance des patients hypertendus émergent dans les décennies à venir. L’usage de ces méthodes cuffless pour le diagnostic et le suivi des patients n’est pas en 2024 admis par les experts de l’hypertension artérielle.
Pour le Pr Xavier Girerd, les raisons ne sont pas liées à leur absence de validation métrologique (ces techniques sont aujourd’hui validées), mais plutôt sur l’absence de preuve de l’intérêts pour la santé de l’individu ou de bénéfice pour la population en relation avec l’usage de ces objets connectés. Il faudra aussi comparer le bénéfice, ou la neutralité, de l’usage de ces objets connectés mesurant la pression artérielle par rapport aux méthodes traditionnelles concernant le bilan énergétique total et l’empreinte carbone des objets connectés.
Actuellement la méthode cuffless, et les objets connectés qui la contienne, n’est pas en mesure faute de preuve solide, de remplacer les méthodes de mesures traditionnelles (auscultatoire ou oscillométrique). Pour le Pr Xavier Girerd, des études de morbi-mortalité sont à réaliser afin de convaincre les experts indépendants de recommander des objets connectés contenant la méthode cuffless. Ces études devront démontrer que les sujets/utilisateurs ont un meilleur pronostic cardiovasculaire que les « non utilisateurs ».
Pour mesurer la pression artérielle, les experts recommandent depuis 100 ans dutiliser la méthode auscultatoire et depuis 20 ans d’utiliser la méthode oscillométrique. Les tensiomètres automatiques utilisent la méthode oscillométrique et sont des appareils très technologiques. Depuis les années 2010 sont apparus des appareils connectés qui annoncent mesurer la pression artérielle systolique et diastolique.
Le bracelet AKTIIA comme les montres connectées SAMSUNG ou APPLE, utilisent la technologie photoplethysmographique (PPD) qui n’était pas celle utilisée par les tensiomètres traditionnels ou les tensiomètres automatiques. Ces nouveautés sont aussi appelés des tensiomètres « cuffless » car il n’utilisent pas un brassard compressif pour mesurer la pression artérielle. En 2024, tous ces appareils n’en sont pas au même stade de la validation et/ou de la commercialisation. C’est le bracelet AKTIIA qui est le plus avancé, mais ses concepteurs doivent encore résoudre quelques points pour leur bon fonctionnement, en particulier une simplification de la procédure de « calibration ».Les montres connectées (même de marques très connues) ne sont pas encore au point pour apporter des résultats fiables lors des mesures de la tension en particulier chez l’hypertendu.Si il paraît certain que la méthode « cuffless » remplacera les méthodes traditionnelles (auscultatoire et oscillométrique) pour la mesure de la pression artérielle dans quelques années, en 2023 et 2024 les experts Européens de l’ESH et de l’ESC ont considéré que ces tensiomètres de nouvelle génération (les montres, les bracelets, les bagues, les caméras de visage) entraient encore dans la catégorie des gadgets mais pas dans celle des « appareils médicaux validés » pour la mesure de la pression artérielle.
Leur usage n’est donc pas actuellement recommandé pour réaliser le diagnostic ou la surveillance d’une hypertension artérielle.
Des autorisations complémentaires seront nécessaires avant de pouvoir en recommander l’usage pour le soin médical.
En novembre 2024, pour le diagnostic ou la surveillance de l’hypertension, un tensiomètre automatique est utile et recommandé mais les montres connectées qui mesurent la tension sont encore classifiées dans la catégorie « gadget ». Leur achat et leur usage n’est donc pas proposé par les experts de l’hypertension.
La seule exception concerne le bracelet Hilo/KTIIA qui utilise une méthode cuffless ayant démontré un haut niveau de preuve de sa fiabilité par des travaux de validation réalisés par comparaison à la mesure « intra artérielle » mais aussi à la méthode auscultatoire. Ce dispositif medical est valide CE et la FDA impose en 2025 une calibration initiale puis mensuelle en cas d’usage prolongé.
Le bracelet Hilo est utilisé en France par certains hypertensiologues pour confirmer ou surveiller l’HTA.
il est essentiel de savoir que le bracelet Hilo ne permet pas la mesure de la pression artérielle lors des efforts physiques ou de l’activité sportive et qu’il ne peut pas remplacer la mesure traditionnelle de la pression artérielle effectuée lors d’une consultation. Le package HILO contenant un tensiomètre de bras automatique il est possible d’effectuer une automesure sur 3 jours après l’achat d’un HiloBand.
Aucun remboursement par l’assurance maladie ou les mutuelles n’est envisagé en France.
L’achat d’un bracelet HILO coûte plus de 200 euros.