La première information à retenir, c’est que l’obésité, même si c’est un facteur de risque de maladie cardio-vasculaire, est en général associée au risque cardio-vasculaire. Il y a une relation quasi linéaire entre l’augmentation de l’indice de masse corporelle et le risque de développer des facteurs de risque de maladie cardio-vasculaire ou de développer des complications cardio-vasculaires. Mais cette relation est moins forte que celle que l’on connaît par exemple avec le diabète, le tabac ou l’hypertension artérielle.
Deuxièmement, l’obésité, qui est définie par un indice de masse corporelle supérieur à 30 kg par mètre carré, en fait c’est une définition un peu simpliste puisqu’on sait qu’il y a plusieurs types d’obésités : l’obésité viscérale, l’obésité sous-cutanée, que ces obésités ou ces accumulations de tissus adipeux ont des effets délétères plus ou moins importants et qu’il y a une relation directe entre ces tissus adipeux et les organes adjacents.
Troisièmement, le tissu adipeux n’est pas un tissu simplement de stockage, c’est un tissu actif, c’est un tissu dynamique qui libère des substances qu’on appelle les cytokines ou adipokines. Et ces adipokines, qu’elles soient pro-inflammatoires ou qu’elles soient pro-hypertensives, vont expliquer en partie le lien entre augmentation du tissu adipeux et augmentation du risque cardio-vasculaire.
Lorsqu’on perd du poids, on ne réduit pas forcément le risque cardio-vasculaire. Les anciennes études qui ont évalué de vieux médicaments dans la gestion de la surcharge pondérale étaient soit associées à un effet neutre, soit à une augmentation du risque d’événement cardio-vasculaire, ou global. Par contre, ce que l’on a appris dans les dernières années, c’est que la gestion des patients qui ont une obésité et une autre comorbidité avec de nouveaux traitement, ces patients ont un bénéfice à être exposés à ces nouveaux traitements.
Retenez : il n’y a pas une mais des obésités, que l’indice de masse corporelle est une approximation de cet état, que le tissu adipeux est un tissu actif et qu’à ce jour les médicaments qui font perdre du poids ne sont pas forcément des alliés de choix, mais plutôt les médicaments qui réduisent le risque cardio-vasculaire global en agissant sur le poids et sur les comorbidités.
Dans un article paru dans le Figaro Santé du 11 mai 2026, le Pr Pathak et d’autres cardiologues européens appellent à une prise de conscience collective : « ces aliments concentrent tout ce que l’on cherche à limiter en prévention cardio-vasculaire, c’est-à-dire le gras, le sucre et le sel ».
Les aliments ultra-transformés (AUT) ont envahi nos assiettes, au détriment des régimes traditionnels, devenant une préoccupation majeure de santé publique. Au-delà de leur faible valeur nutritionnelle, leur consommation est désormais directement liée à une augmentation des risques cardiovasculaires (hypertension, obésité, dyslipidémie).
Face à ce constat, la Société Européenne de Cardiologie (ESC) publie un nouveau consensus clinique pour sensibiliser les praticiens. Le Pr Pathak, président de la Fondation Hypertension, a participé à l’élaboration de ce document de référence. L’objectif : fournir aux cardiologues des outils concrets et des conseils pratiques pour intégrer l’évaluation des AUT dans le suivi de routine et mieux accompagner les patients vers une prévention durable.
Découvrez comment la nature de la transformation des aliments redéfinit aujourd’hui les stratégies de santé cardiaque.