Historiquement codifiée par le professeur Xavier Girerd et le professeur Mourad, la célèbre « règle des trois » — consistant à réaliser trois mesures le matin, trois le soir, pendant trois jours de suite — a longtemps constitué le socle de l’automesure tensionnelle. Cependant, l’évolution technologique et l’accès direct aux données nocturnes poussent aujourd’hui les experts du Think Tank Hypertension France à repenser radicalement cette stratégie au profit d’une médecine de précision.
Pourquoi envisager d’écarter la mesure du matin de l’automesure de précision ? La réponse réside dans la physiologie de la période matinale, marquée par un phénomène majeur bien connu des spécialistes : le Morning Surge ou « pic du petit matin ».
Cette élévation tensionnelle au réveil se nourrit de plusieurs mécanismes intimes :
Puisque l’objectif de l’automesure est de diagnostiquer l’hypertension artérielle lorsque l’individu se trouve dans un état de calme et de repos stabilisé, la période du réveil s’avère inadaptée car polluée par ces « orages vasculaires » et cette forte variabilité hormonale.
À l’issue des échanges entre le professeur Atul Pathak et le professeur Xavier Girerd, une nouvelle stratégie d’automesure de précision se dessine pour les prochaines décennies. Elle s’affranchit définitivement de la mesure matinale pour se concentrer sur la quiétude du coucher et de la nuit :
Cette nouvelle approche redéfinit les standards de l’automesure en privilégiant des périodes physiologiques plus fiables et représentatives du repos cardiovasculaire.