Hypertension, obésité, inflammation, diabète

hypertension, obésité, diabète, Inflammation :

La même maladie cardiométabolique

Hypertension, diabète, obésité, inflammation : et si c’était la même maladie ?

Juin 2026 – Je voulais partager avec vous un certain nombre de réflexions autour de l’inflammation, de l’hypertension artérielle, mais aussi de l’obésité et du diabète en nous posant la question : si finalement cette entité était une même maladie cardiométabolique ?

Pendant longtemps, on a considéré que l’hypertension artérielle, l’obésité, le diabète de type 2 étaient des maladies distinctes avec des mécanismes spécifiques. Mais aujourd’hui, la recherche, l’innovation nous conduisent vers une vision beaucoup plus intégrée. Ces pathologies partagent un mécanisme central qui est l’inflammation chronique de bas bruit. Par exemple, dans l’obésité viscérale, le tissu adipeux qui est un tissu actif devient un véritable organe immunologiquement actif. Les macrophages, les lymphocytes, les cytokines pro inflammatoires comme l’IL6 ou le TNF-alpha vont participer à une inflammation systémique et le tissu adipo-viscéral est un des acteurs de cette inflammation. Mais cette inflammation, elle favorise aussi l’insulinorésistance. Elle abîme les vaisseaux en altérant la fonction endothéliale. Elle active les voies neurohumorales comme le système rénine-angiotensine-aldostérone ou le système sympathique qui sont impliqués dans l’hypertension artérielle. Au niveau vasculaire, il y a d’avantage de stress oxydant.

On sait aussi qu’il y a une réduction de la biodisponibilité du NO et une rigidité artérielle accrue due à un remodelage vasculaire accéléré. Le cœur lui-même et le rein deviennent des cibles inflammatoires et on observe aujourd’hui que l’inflammation va contribuer directement à ces complications de ce qu’on appelle les organes cibles, l’hypertrophie myocardique ou la fibrose cardiaque, mais aussi le développement de l’insuffisance cardiaque, de la maladie rénale chronique ou de complications plus aiguës comme AVC ou syndrome coronarien.

Cette vision unifiée des maladies cardiométaboliques avec comme fil conducteur l’inflammation change profondément notre vision et probablement les approches thérapeutiques du futur. Il y a déjà certaines stratégies thérapeutiques qui ont été développées pour le diabète ou l’obésité, qui montrent que ces stratégies ont un bénéfice cardiovasculaire et que ce bénéfice, il est lié à des effets qui dépassent les effets sur le contrôle glycémique ou sur la réduction du poids.

Nous entrons probablement dans une nouvelle ère de la cardiologie, une médecine où le métabolisme, l’immunité et l’inflammation sont intimement liés. Comprendre ces interactions sera essentiel pour mieux prévenir les événements cardiovasculaires et développer aussi des approches plus modernes, plus précoces, plus personnalisées et plus efficaces. Merci.

L’hypertension artérielle, une maladie inflammatoire chronique

Juin 2026 – Pendant longtemps, nous avons considéré que l’hypertension artérielle était une maladie hémodynamique où trop de sel, trop de rigidité artérielle, voire même trop d’activation neuronale expliquaient la maladie, ses complications et aussi les pistes thérapeutiques.

Aujourd’hui, la science nous montre quelque chose de beaucoup plus profond, d’innovant, de perturbant aussi. En fait, l’hypertension artérielle, c’est aussi une maladie inflammatoire chronique. Les cellules immunitaires infiltrent les vaisseaux, le rein, le cœur. Les cytokines pro-inflammatoires participent à la dysfonction endothéliale, mais aussi au remodelage vasculaire et à la progression du risque cardiovasculaire.

Cela change tout, parce que comprendre ces mécanismes ouvre la voie à une nouvelle génération de stratégies thérapeutiques plus précoces, plus ciblées, plus personnalisées. Pourtant, malgré ce poids immense de l’hypertension artérielle dans le monde, malgré les complications qui sont connues et bien établies, la recherche dans le domaine reste insuffisamment financée.

À la Fondation pour la recherche en hypertension artérielle, notre objectif est clair : nous voulons soutenir des projets innovants, favoriser la recherche translationnelle, la recherche clinique et accélérer aussi les collaborations entre les cliniciens, les biologistes, les industriels et tout l’écosystème autour de l’hypertension artérielle.

Aujourd’hui, les grands acteurs de la médecine cardiométabolique, mais aussi les patients, mais aussi les industriels, mais aussi les sociétés savantes ont une opportunité unique de participer à cette transformation scientifique. Comment ? En soutenant la recherche sur les liens entre l’inflammation et l’hypertension artérielle, en soutenant la Fondation pour la Recherche sur l’Hypertension Artérielle, nous pouvons ensemble, grâce à votre aide, changer le futur de millions de patients.

L’hypertension artérielle n’est plus seulement une question de pression, c’est une question d’inflammation, de prévention et d’avenir.

soutenir la recherche

Perdre du poids n’est pas toujours bon pour le cœur

Mai 2026 – La première information à retenir, c’est que l’obésité, même si c’est un facteur de risque de maladie cardio-vasculaire, est en général associée au risque cardio-vasculaire. Il y a une relation quasi linéaire entre l’augmentation de l’indice de masse corporelle et le risque de développer des facteurs de risque de maladie cardio-vasculaire ou de développer des complications cardio-vasculaires. Mais cette relation est moins forte que celle que l’on connaît par exemple avec le diabète, le tabac ou l’hypertension artérielle.

Deuxièmement, l’obésité, qui est définie par un indice de masse corporelle supérieur à 30 kg par mètre carré, en fait c’est une définition un peu simpliste puisqu’on sait qu’il y a plusieurs types d’obésités : l’obésité viscérale, l’obésité sous-cutanée, que ces obésités ou ces accumulations de tissus adipeux ont des effets délétères plus ou moins importants et qu’il y a une relation directe entre ces tissus adipeux et les organes adjacents.

Troisièmement, le tissu adipeux n’est pas un tissu simplement de stockage, c’est un tissu actif, c’est un tissu dynamique qui libère des substances qu’on appelle les cytokines ou adipokines. Et ces adipokines, qu’elles soient pro-inflammatoires ou qu’elles soient pro-hypertensives, vont expliquer en partie le lien entre augmentation du tissu adipeux et augmentation du risque cardio-vasculaire.

Lorsqu’on perd du poids, on ne réduit pas forcément le risque cardio-vasculaire. Les anciennes études qui ont évalué de vieux médicaments dans la gestion de la surcharge pondérale étaient soit associées à un effet neutre, soit à une augmentation du risque d’événement cardio-vasculaire, ou global. Par contre, ce que l’on a appris dans les dernières années, c’est que la gestion des patients qui ont une obésité et une autre comorbidité avec de nouveaux traitement, ces patients ont un bénéfice à être exposés à ces nouveaux traitements.

Retenez : il n’y a pas une mais des obésités, que l’indice de masse corporelle est une approximation de cet état, que le tissu adipeux est un tissu actif et qu’à ce jour les médicaments qui font perdre du poids ne sont pas forcément des alliés de choix, mais plutôt les médicaments qui réduisent le risque cardio-vasculaire global en agissant sur le poids et sur les comorbidités.

Les aliments ultratransformés sont très mauvais pour le cœur

Dans un article paru dans le Figaro Santé du 11 mai 2026, le Pr Pathak et d’autres cardiologues européens appellent à une prise de conscience collective : « ces aliments concentrent tout ce que l’on cherche à limiter en prévention cardio-vasculaire, c’est-à-dire le gras, le sucre et le sel ».

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Aliments ultra-transformés et santé cardiovasculaire : un nouveau consensus de l’ESC avec la participation du Pr Pathak

European Heart Journal, 06/05/2026

Les aliments ultra-transformés (AUT) ont envahi nos assiettes, au détriment des régimes traditionnels, devenant une préoccupation majeure de santé publique. Au-delà de leur faible valeur nutritionnelle, leur consommation est désormais directement liée à une augmentation des risques cardiovasculaires (hypertension, obésité, dyslipidémie).

Face à ce constat, la Société Européenne de Cardiologie (ESC) publie un nouveau consensus clinique pour sensibiliser les praticiens. Le Pr Pathak, président de la Fondation Hypertension, a participé à l’élaboration de ce document de référence. L’objectif : fournir aux cardiologues des outils concrets et des conseils pratiques pour intégrer l’évaluation des AUT dans le suivi de routine et mieux accompagner les patients vers une prévention durable.

Découvrez comment la nature de la transformation des aliments redéfinit aujourd’hui les stratégies de santé cardiaque.

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