Dépistage de l'hypertension - Fondation HTA

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dépistage national de l’hypertension artérielle

Connaître ses chiffres

vaisseaux 50 a 65ans

« Organiser un dépistage systématique de l’HTA
et ouvrir ce dépistage aux pharmaciens »

C’est le projet de l’Assurance Maladie pour 2026
dans un Rapport au ministère chargé de la Sécurité sociale

Prévention de précision : de la population à l’individu

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Le Pr Girerd et le Pr Pathak bousculent les dogmes dans cette discussion à bâtons rompus sur la réalité du risque cardiaque. Fini le dépistage de masse anonyme, place à la « prévention de précision ».

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Pr Girerd : Je voudrais avoir un entretien sur une thématique très galvaudée, dont tout le monde a entendu parler, afin qu’on puisse donner notre point de vue d’expert : celui de la prévention, du dépistage des maladies cardio-vasculaires. Pour moi, il y a plusieurs sortes de prévention :

  • la prévention primaire, même appelée par l’OMS « prévention primordiale », c’est-à-dire ce qu’on fait pour éviter d’être éventuellement malade. Mais c’est des actions dont le bénéfice est tout à fait hypothétique.
  • la prévention secondaire, c’est quand on a une maladie, par exemple, quand on est déjà avec le diagnostic de l’hypertension, on n’est plus en prévention primordiale. On doit faire des choses très spécifiques du traitement de l’hypertension artérielle, en particulier utiliser des médicaments.
  • la prévention tertiaire, c’est quand on a fait une complication de la maladie, on a fait l’infarctus, l’insuffisance cardiaque, l’AVC, on ne laisse pas tomber les gens, on va agir et il y a un grand bénéfice à encore agir mais c’est déjà tard.
  • la prévention quaternaire, où l’on sait que les traitements peuvent rendre malades. Par exemple, le sport, est-ce que le sport c’est toujours sans risque ? Pas du tout. Il y a des médecins du sport. Et pourquoi il y a une médecine du sport ? C’est pour guérir des complications du sport, un traitement qui est proposé dans la prévention.

Êtes-vous d’accord avec ces définitions ?

Pr Pathak : Oui, de façon simple :

  • prévention primaire = je ne suis pas malade.
  • prévention secondaire : je suis malade.
  • prévention tertiaire : j’ai une maladie chronique installée.
  • prévention quaternaire : je suis au-delà du traitement curatif, c’est ce qu’on appelle aussi communément les soins palliatifs.

C’est le schéma classique.

Pr Girerd : Quand on a une hypertension artérielle diagnostiquée, on est à quel stade de la prévention ?

Pr Pathak : On est au stade de la prévention primaire, c’est-à-dire qu’on n’a pas fait de complication.

Pr Girerd : Je ne suis pas d’accord parce que c’est l’OMS qui le dit. Moi, j’ai été surpris quand l’OMS a fait cette classification, il y a 5 ou 6 ans. Quand on est au stade d’hypertension diagnostiquée, c’est la prévention secondaire. Parce qu’en fait, il y a déjà une maladie. On ne veut pas considérer que l’hypertension est une maladie, mais c’est une maladie et il faut la soigner avec des médicaments. C’est déjà trop tard d’éviter l’hypertension en faisant attention à sa consommation de sel.

Pr Pathak : Je crois que, de toute façon, le concept de prévention est erroné. Il n’y a pas de prévention primaire, secondaire, tertiaire, quaternaire puisque la maladie préexiste à un stade asymptomatique et qu’il faut toujours prévenir l’étape d’après. Et d’ailleurs, les études physiopathologiques ou épidémiologiques et même les recommandations suggèrent cela. C’est-à-dire que cette vision de créer un seuil entre une situation et une autre est une vision complètement erronée. C’est une vision certes épidémiologique, politique, aussi simplificatrice, mais dans les faits, on est apparemment sain. Cette définition-là, je vous l’accorde, c’est-à-dire on est apparemment sain, c’est-à-dire qu’on vous voit au cabinet, vous êtes apparemment sain. Mais en fait, ça ne veut pas dire que vous n’êtes pas malade.

Pr Girerd : La vie est une maladie, sexuellement transmissible, toujours mortelle ! En fait, si on est en vie, on est déjà malade.

Pr Pathak : On sait quand on naît, on ne sait pas quand on meurt. Et effectivement, la prévention, c’est peut-être de retarder l’échéance de la mort dans la situation la plus agréable possible.

Pr Girerd : C’est une très bonne transition avec un élément qui est en fait au fond de notre métier : reconnaître les sujets qui auront peut-être une vie raccourcie par le handicap, la maladie associée à des éléments et puis qui auront peut-être malheureusement la vie raccourcie. Et on va on va faire une liste. D’abord êtes-vous d’accord avec cette vision importante d’essayer de reconnaître ce qu’on appelle ces facteurs de risque ? Mais il y a les facteurs de risque dont on parle toujours et puis il y a des facteurs de risque qu’il faudrait un peu mettre à l’ombre et en pousser d’autres à la lumière.

Pr Pathak : Oui, je crois que cette notion de dépistage ou de reconnaître des facteurs de risque toujours pour essayer d’éviter quelque chose et de bien vieillir ou de vieillir en bonne santé, cette vision je crois qu’il faut toujours y opposer l’approche individuelle et l’approche populationnelle. Et en fait, c’est ce grand écart qu’on fait en permanence, c’est-à-dire que les instances, les sociétés savantes, les organismes nationaux, supranationaux, les politiques sont eux les acteurs du dépistage populationnel. Donc il y a une contrainte de nombre, il y a une contrainte économique, il y a une contrainte stratégique, il y a une contrainte de choix. Et nous, on est les garants du dépistage individuel, c’est-à-dire comment les données de la science sont personnalisées, sont précisées, c’est un terme que vous connaissez, que vous essayez de défendre : la médecine de précision. Comment on passe finalement de quelque chose de global à quelque chose d’individuel ? Et moi, je serais plutôt garant de ça, c’est-à-dire qu’est-ce qu’on doit dépister chez un individu donné ?

Pr Girerd : C’est vrai que la médecine de précision en hypertension est vraiment quelque chose qui va se développer. Comment être plus précis ? Je pense qu’il y a une prévention de précision, qu’on doit développer. Ce qu’on va essayer de faire, on va prendre les facteurs les uns derrière les autres. Alors à tout bien tout honneur, nous, nous sommes des spécialistes de l’hypertension artérielle : nous allons parler de la pression artérielle. Dans ma vision, à la fin de ma carrière, je considère qu’en fait le chiffre le plus important à connaître, c’est la pression artérielle systolique ou SYS, donnée par les tensiomètres automatiques. La pression artérielle diastolique, c’est en fait pour calculer la fameuse pression pulsée. La différence entre la systolique et la diastolique, si cette pression pulsée est supérieure à 60-70, dit en millimètre de mercure, alors le risque de l’individu est très bien identifié. C’est extrêmement simple à faire, c’est une prévention de précision. Mesurons la systolique et la diastolique et calculons la pression pulsée. Et on a une information extrêmement importante. Mais donc laissons tomber ces hypertensions uniquement de la diastolique. Ça n’a aucune importance. Pendant 100 ans, on a dit que ça avait de l’importance mais ayons le courage de dire que c’est fini maintenant. J’aimerais votre avis sur cette prise de position qui est très personnelle mais qui est partagée par beaucoup d’experts.

Pr Pathak : Toujours le grand écart, la pression diastolique, c’était le critère qui permettait à un médicament d’être évalué, d’être approuvé par les instances de remboursement ou de régulation. Mais en pratique clinique, là je suis complètement d’accord avec vous, je pense que même de façon très provocante, la systolique, ça suffit. Alors bien sûr que la diastolique va apporter un niveau d’information supplémentaire, la pulsée aussi, la fréquence cardiaque également, on peut intégrer tout cela mais on est dans du dépistage de précision, on veut individualiser le risque. Alors si on doit transmettre un seul conseil, moi je vais même simplifier le propos, je dirais la systolique ça suffit !

Pr Girerd : Un autre paramètre difficile à utiliser : la notion des antécédents familiaux, personnels du patient. J’aimerais que l’on puisse peut-être faire partie des médecins préventologues, on va appeler ça comme ça, qui mettent en avant une méthodologie pour vraiment colliger ces informations et les colliger avec une orientation, un intérêt. C’est pas savoir quelle maladie ont eu les parents, c’est vraiment quelle maladie cardio-vasculaire ils ont eu en fonction de leur âge. J’aimerais par exemple vous dire ce que moi je fais. Si quelqu’un me dit : « Mon père ou ma mère ont eu une maladie avant 60 ans, une maladie du cœur », là tout s’allume au rouge. Ça veut dire qu’on a un élément très important de prévention à faire très précocement, parce que ces maladies peuvent correspondre à des troubles métaboliques, à des troubles de comportement. Mais si on a fait une maladie cardio-vasculaire avant 80 ans, oui, c’est d’une importance primordiale, on n’a pas à faire un infarctus à 70 ans, un AVC à 70 ans. Et là, il y a souvent pour moi le fait que faire un AVC dans sa famille avant 80 ans, c’est probablement qu’il y a un problème d’hypertension artérielle sous-jacent. Et puis dernière chose, les familles où les gens, les parents, les grands-parents vivent très longtemps, plus de 90 ans. Il y en a beaucoup autour de nous maintenant, de plus en plus et bien, c’est un facteur de très fort de protection génétique. Et au fond, moi je m’arrête souvent là. Si votre père, votre mère, est toujours vivant et a plus de 90 ans, faites de la prévention primordiale, faites ce qu’il faut, ce qu’on dit à la télévision, mais ne vous embêtez pas, il ne va rien vous arriver. Il faut faire la même chose pour le cancer, parce que dans les familles où il y a des cancers avant 50 ans, 60 ans, c’est très important. Et j’ai trois éléments pour le cancer : les familles où les mamans ont le cancer du sein, la grand-mère le cancer du sein, on sait qu’il y a un déterminisme génétique, il faut absolument faire le maximum. Les hommes, c’est la prostate. Quand il y a eu un cancer de la prostate avant 60 ans dans une famille, il faut vraiment s’en inquiéter pour l’homme et faire du dépistage. Mais au-delà, ça n’a pas beaucoup d’importance. Et puis les cancers digestifs, coliques, il faut vraiment à l’interrogatoire, c’est tellement simple de dépister un polype en faisant une coloscopie qu’il faut le faire. Est-ce que vous avez la même attitude, la même stratification ?

Pr Pathak : Moi je crois que tout ce qu’on est en train d’échanger, c’est ce que j’appelle la prévention au coup d’œil : il y a quelqu’un qui passe le seuil de la porte et vous avez déjà, même sans l’interroger, une idée souvent juste. Je vais donner deux exemples très concrets. On sait par exemple que les gens qui sont longilignes ont un risque de faire de la fibrillation atriale beaucoup plus important. Lorsque vous voyez quelqu’un entrer dans votre cabinet qui est grand, fin, et bien vous savez que son risque de faire de la FA est très important. À l’inverse, je porte sur mon visage un autre risque : je suis d’origine indienne. L’Inde, c’est le continent du diabète. Si quelqu’un d’origine indienne rentre dans mon cabinet, tout de suite, je vais me dire « lui, il est petit, il a peut-être une obésité abdominale, il est d’origine indienne, il y a de fortes chances qu’il ait du diabète », je vais allumer les fameux warnings rouges. Donc moi, je crois que c’est cette prévention-là. Elle prend du temps, elle nécessite de l’intuition, elle nécessite une connaissance qui dépasse la spécialité. Et c’est ce qui fait toute la complexité de cet élément de prévention au coup d’œil : ce n’est pas la prévention du nombre, ce n’est pas la prévention du marqueur, ce n’est pas la prévention du dosage, c’est la prévention médicale au sens le plus noble, puisque vous avez même évoqué le cancer. Cela veut dire bien dire qu’on dépasse le champ de la prévention cardio-vasculaire. Et donc effectivement pour de multiples raisons, difficulté de quantifier cela, difficulté d’évaluer cela, difficulté de pondérer parce que là on est en train de faire une liste à la Prévert, mais ensuite il y a la pondération.

Pr Girerd : Je voudrais vous faire parler du poids parce que poids/pondération c’est le même mot. J’aimerais que vous développiez cette combinatoire : le poids en lui-même n’est pas un facteur de risque tout seul mais il y a différentes sortes d’obésité. Est-ce que vous pouvez décliner tout ça entre l’origine géographique et le poids et l’antécédent de ce fameux diabète ? Parce que le diabète, il y a des familles de diabétiques, c’est terrible. Et même s’ils ne sont pas en surpoids, il y a un énorme risque de faire du diabète à tous les âges de la vie d’ailleurs, il y a des diabètes acidosiques qui commencent à 50 ans chez des gens tout minces. Mais l’interrogatoire c’est « Oui, ça dans ma famille, il y a eu ça ». Parlez-nous donc des relations entre le poids, la forme du poids et les antécédents.

Pr Pathak : pour reprendre ce que je vous disais tout à l’heure, la prévention à l’œil : quand vous voyez quelqu’un qui passe le seuil de votre porte et qui est en surpoids, ça va activer une mécanique d’interrogation parce que le poids ça se voit, l’excès de poids, et ça va allumer quelque chose. Mais vous avez raison, il y a poids et poids. Il y a un poids, deux mesures si je puis dire, puisque le poids est bien sûr la porte d’entrée mais on sait que ce qui véritablement met en jeu le pronostic vital c’est où ce poids se localise. On parle classiquement de l’obésité abdominale, c’est-à-dire le ventre du buveur de bière, cette obésité abdominale. On sait que c’est l’obésité où la prise de poids toxique c’est elle qui est associée à l’insulino-résistance. C’est elle qui est associée au risque d’événement. Mais il y a aussi la localisation du tissu adipeux. On sait en fait qu’il y a du tissu adipeux autour du cœur, autour des vaisseaux et en fait c’est du poids que l’on ne voit pas. C’est du poids invisible. Et ça explique pourquoi quelqu’un qui peut être apparemment sain, c’est-à-dire qui a un poids normal, peut faire des complications métaboliques. Soit parce qu’il a un tissu adipeux invisible toxique, on peut avoir une masse graisse faible mais avec un tissu adipeux très agressif, parce que le tissu adipeux on a pendant longtemps pensé que c’était un tissu de stockage inerte passif. Non, le tissu adipeux et les adipocytes sécrètent des substances. C’est un tissu qui est plastique, c’est un tissu qui est agressif, c’est un tissu qui agit sur les organes qui sont proches de lui. Et donc en synthèse, même si le poids doit évoquer un interrogatoire organisé, l’absence de surpoids ou la présence de poids n’est pas un facteur de risque en tant que tel. Il va falloir creuser.

Pr Girerd : Je vais me permettre de rebondir sur une formule qu’utilisait mon patron, le professeur Michel Safar qui était un grand spécialiste de la prévention des maladies cardio-vasculaires. Il disait : « quand un patient rentre dans le box de consultation, la prévention du coup d’œil, regardez s’il a une forme de pomme ou s’il a une forme de poire ». La forme de pomme, ça veut dire : il a de l’obésité, mais de l’obésité sur l’abdomen. Et la poire : il a une obésité mais il a une obésité callipyge, il a des grosses fesses. Et bien la poire n’a pas de risque cardio-vasculaire. La pomme a beaucoup de risque cardio-vasculaire. Donc regardons nos patients : c’est une poire, c’est une pomme ?

Pr Pathak : On ne mélange pas les poires et les pommes d’une part et d’autre part je vais aller plus loin. Mon maître, le professeur Puel, me disait toujours : « regarde les ongles de tes patients, parce que les ongles racontent une histoire, le type de travail que vous faites, la recoloration, la présence d’anomalies ; regarde les oreilles de tes patients. Il y a le fameux signe, vous savez, de l’oreille. Et puis plus récemment, on a vu aussi l’impact des rides : où elles se situent ? Et ça revient à cette médecine du coup d’œil ou de prévention à l’œil puisqu’en fait ce sont des choses que l’on intègre très rapidement lorsqu’on a la connaissance.

Pr Girerd : On peut en rajouter un, c’est le signe de la calvitie. Ça c’était mon père qui me le racontait. Il me disait « Ah celui-là il a passé sa vie à autre chose qu’à faire pousser ses cheveux. » C’est-à-dire qu’il a abîmé son système cardio-vasculaire avec ses hormones et il a perdu ses cheveux. C’est vrai que la calvitie, il y a eu des travaux très scientifiques aux États-Unis montrant qu’un sujet de petite taille avec une calvitie et un ventre bedonnant, c’était un sujet à haut risque cardio-vasculaire de faire un infarctus.

Pr Pathak : Oui, il y a des figures caricaturales, le syndrome de Pickwick. On a comme ça dans notre imaginaire artistique, littéraire, des figures qui incarnent tout ce que l’on vient de dire, c’est-à-dire le cumul des facteurs de risque que l’on dépiste.

Pr Girerd : Depuis 50 ans, il y a eu des évolutions absolument majeures pour prévenir les maladies des gens qui ont un cholestérol très élevé, le plus souvent d’ailleurs, des gens qui ont une maladie génétique, parce que le cholestérol élevé c’est une maladie génétique. Et rappelons-nous du fait que, quand on suit des mesures nutritionnelles, on ne diminue que de 15 % son taux de cholestérol. Ce n’est pas que l’alimentation, il faut toujours le proposer, mais c’est malheureusement le foie qui fabrique la nuit le cholestérol. Alors, je pose la question très directement : dans un système où on n’a pas beaucoup de moyens, parlons du sous-continent indien, tout le monde n’est pas très riche en Inde, est-ce que le bilan du cholestérol est fait de façon systématique ? Qu’est-ce qui est fait en Inde : la mesure de la pression artérielle, le bilan du cholestérol, le dosage de la glycémie pour le diabète ?

Pr Pathak : le système de sécurité sociale indien ne permet pas de faire ce genre d’approche, populationnelle où on prend en charge le dépistage des facteurs de risque. Mais d’un autre côté, ça montre que ce que font les gens, c’est quelque chose qui est individualisé et qui est adapté au terrain. Et on revient à ce qu’on disait, la pondération, c’est-à-dire la perception du risque diabète, glycémie, obésité abdominale. Ce risque-là en Inde qui est le continent quand même de la maladie métabolique, le continent du diabète et bien c’est un risque qui va être dépisté plus aisément que par exemple le risque du cholestérol. Mais dans nos populations riches, moi je crois encore une fois : écart entre les approches populationnelles et les approches individuelles. Faire un cholestérol total à la volée, on sait que ça ne sert à rien puisque de toute façon les fractions du cholestérol qu’on recherche ne sont pas dans cette valeur globale. D’un autre côté, faire du dépistage hypercholestérolémie familiale chez les enfants dans une école, ça peut être intéressant pour dépister les enfants à risque très tôt. Donc moi je crois que le cholestérol, comme la glycémie, ce sont des paramètres qui rentrent dans une stratégie globale mais pour lesquels, je dirais que la force de l’intervention est supérieure à la force du dépistage. C’est-à-dire que finalement on sait que prendre un traitement qui diminue le cholestérol mais pas que, puisqu’il fait d’autres choses. Mais malheureusement, on ne peut pas exploiter ces effets collatéraux, que ça soit un traitement très moderne comme les anti-PCSK9 ou un traitement plus traditionnel comme les statines. On sait que, à l’échelle populationnelle et à l’échelle individuelle, ça réduit le risque d’événement. Est-ce que ça passe par une baisse du cholestérol ou par autre chose ? Là, les choses sont beaucoup plus complexes. Donc agir sur des populations avec des médicaments qui font baisser le cholestérol, ça réduit le risque d’événement. Est-ce que ça ne passe que par le cholestérol ? Aujourd’hui, on a une discussion.

Pr Girerd : Alors, on va passer au dernier moment de notre entretien qui est celui des actions qu’un pays peut entreprendre. C’est très à la mode partout dans le monde. Vous êtes un des ambassadeurs du pays dans lequel vous travaillez, le Luxembourg, auprès de l’OMS. Vous avez écouté les propositions faites par l’OMS pour mettre en place des stratégies de prévention des maladies cardio-vasculaires, premier tueur dans le monde, c’est les maladies cardio-vasculaires avec comme première maladie, l’hypertension artérielle. Mais on est aujourd’hui face à une grande hétérogénéité des moyens mis en œuvre dans les différents pays. Alors en France, l’assurance maladie a déclaré, il y a quelques mois, vouloir reprendre une stratégie qui est celle utilisée aux États-Unis un peu, mais surtout en Angleterre, en Grande-Bretagne qui est la stratégie du « know your numbers », c’est-à-dire que chaque individu devrait connaître à certains âges clés de sa vie, 40 ans, 50 ans, c’est le moment où ça vaut le coup de faire de la prévention – 70 ans, c’est un peu tard – de connaître un certain nombre de valeurs de ses paramètres personnels. Quelle valeur, on va jusqu’où ? Est-ce qu’il faut que tout le monde ait la mesure de pression artérielle ? C’est mon sentiment. Mais est-ce qu’il faut faire le dosage du cholestérol chez tout le monde ? C’est très cher, c’est très compliqué. Et ça va contre un dépistage global. Est-ce qu’il faut faire la glycémie, d’autres paramètres ?

Pr Pathak : Moi je crois que le « know your numbers », connaître ses chiffres, c’est une façade, une porte d’entrée parce qu’en fait les stratégies qui marchent, pas seulement pour dépister mais aussi pour enrayer les facteurs de risque, pour parler de celui qui nous intéresse, l’hypertension artérielle, en fait ce sont des stratégies globales, comportementales. C’est quand tout un pays décide d’éradiquer un fléau, on pourrait prendre l’exemple de la vaccination, tout le monde s’y met. C’est-à-dire que les parents, les enfants, les écoles, les centres de dépistage, à l’armée, les médecins, les médecins généralistes, des hôpitaux, tout le monde décide de s’unir face à un fléau. Et là où ça marche, je prends l’exemple de la Corée du Sud où l’on a vu un vrai succès dans les campagnes de contrôle des facteurs de risque, c’est pas tellement parce que les gens connaissent leurs chiffres, c’est parce que le système entier est au service de l’éradication du contrôle d’un facteur de risque. Know your numbers, c’est juste une porte d’entrée d’une forteresse. Et cette forteresse est celle du comportement. C’est-à-dire que quand vous vous intéressez à vos chiffres, alors tout d’un coup, il y a une mécanique comportementale qui se met en place. Qu’est-ce que je peux faire pour les contrôler ? Est-ce que ces chiffres ils sont aussi élevés chez mon conjoint, chez mes parents, chez mes enfants ? Est-ce que je dois en mesurer d’autres ? Est-ce qu’il y a des moyens de changer ces chiffres qui soient médicamenteux, non médicamenteux ? Know your numbers n’est qu’un artifice, un levier pour enclencher quelque chose de beaucoup plus complexe.

Pr Girerd : La journée mondiale de l’hypertension artérielle du 17 mai 2026 est en France avec les actions de l’Alliance Hypertension France, c’est-à-dire la Fondation de recherche sur l’hypertension que vous présidez, le Comité de lutte contre l’hypertension artérielle que préside le professeur Hanon et la Société française d’hypertension artérielle vont  mettre en avant un concept qui est celui d’agir, d’agir tous ensemble. Et l’idée que nous avons proposée, qui a été admise par le conseil de l’Alliance Hypertension France que je préside, c’est de pouvoir mettre « Agir en duo », c’est-à-dire mesurez votre pression artérielle, c’est très bien pour vous, mais impliquez quelqu’un de votre entourage familial et puis si vous n’avez pas de famille ou plus de famille, du cercle amical, quelqu’un avec lequel vous voulez partager cette action communautaire.

Pr Pathak : Agir en duo, agir comme nous deux finalement, c’est-à-dire interagir, je dirais même au-delà d’agir, interagir parce qu’en fait la mesure de la pression artérielle c’est encore une fois la porte d’entrée pour enclencher un grand nombre d’actions qui dépassent la simple mesure. Si vous et votre voisin, vous avez de la pression artérielle élevée, automatiquement vous allez parler peut-être du sel, du traitement que vous prenez, de la facilité que vous avez à prendre ce traitement, dans quelle pharmacie vous allez acheter, quel appareil de tension vous utilisez. Donc derrière cette campagne en duo, il y a finalement une mise en action d’interactions et d’échanges qui vont permettre de dépister l’hypertension artérielle et de mettre en œuvre des actions de façon beaucoup plus globale. Et derrière le mot duo, il y a le mot comportement. Je crois que c’est ça qui est important. Nous sommes des humains. Nous sommes des humains qui échangeons. Nous sommes des humains qui interagissons et le nombre minimum minimal nécessaire pour interagir, c’est deux. Et donc la campagne AGIR en duo, c’est la bonne campagne.

Pr Girerd : On va revenir à la vie qui est une maladie sexuellement transmissible, toujours mortelle. Et la vie pour nous qui sommes des mammifères, c’est une vie qui pousse au couple. On ne peut rien faire tout seul. On ne peut pas survivre tout seul. Il faut être en duo. Depuis très longtemps, vous avez compris la puissance du groupe, la puissance de l’humain. On ne peut pas marcher tout seul. Et c’est la puissance de l’Alliance l’Hypertension.

Pr Pathak : Agir en duo, agir ensemble pour lutter contre l’hypertension artérielle !

Dépistage généralisé de l’hypertension : Know Your Numbers

Know your numbers, connaître ses chiffres de tension, est une façade, une porte d’entrée parce que les stratégies qui marchent, non seulement pour dépister mais aussi pour enrayer les facteurs de risque, notamment l’hypertension artérielle, sont des stratégies globales comportementales. C’est quand tout un pays décide d’éradiquer un fléau, on pourrait prendre l’exemple de la vaccination, tout le monde s’y met : les parents, les enfants, les écoles, les centres de dépistage, à l’armée, les médecins, les médecins généralistes des hôpitaux, tout le monde décide de s’unir face à un fléau. Et donc là où ça marche, prenons l’exemple de la Corée du Sud où l’on a vu un vrai succès dans les campagnes de contrôle des facteurs de risque, ce n’est pas tellement parce que les gens connaissent leurs chiffres, c’est parce que le système entier est au service de l’éradication du contrôle d’un facteur de risque. Know your numbers, c’est la porte d’entrée d’une forteresse et cette forteresse est celle du comportement.

Quand vous vous intéressez à vos chiffres, alors tout d’un coup, une mécanique comportementale se met en place. Qu’est-ce que je peux faire pour les contrôler ? Est-ce que ces chiffres sont aussi élevés chez mon conjoint, chez mes parents, chez mes enfants ? Est-ce que je dois en mesurer d’autres ? Est-ce qu’il y a des moyens de changer ces chiffres qu’ils soient médicamenteux ou non médicamenteux ? Know your numbers n’est qu’un artifice, un levier pour enclencher quelque chose de beaucoup plus complexe.

 

La Fondation organise des sessions de prévention cardiovasculaire et de dépistage de l’hypertension auprès de vos patients, clients, collaborateurs…

img 20250307 wa0001Forte de son expérience depuis plusieurs années en entreprises, pharmacies, maisons de santé, lieux de vie (loisirs, compétitions sportives, Ephad)… la Fondation Hypertension vous aide à mettre en place des journées de dépistage de l’hypertension artérielle et de prévention des maladies cardiovasculaires ou des sessions de formation continue (pour les professionnels de santé).

Exemples d’actions :

Exemple d’action menée en juin 2025 chez MARIE Surgelés à Airvault

Le parcours de dépistage s’articule autour du programme « AGIR pour sa pression artérielle » (campagne nationale pour se dépister et savoir agir) :

Etape 1 : Réalisation d’un Dépistage HTA-Connaître ses Chiffres de Tension

L’action est basée sur la mise en place d’un stand qui propose aux usagers volontaires de réaliser un Dépistage HTA selon la méthodologie mise au point par la Fondation :

  • un tensiomètre automatique avec brassard au bras est nécessaire ;
  • le sujet peut être autonome ou aidé (par un pharmacien, un infirmier ou un membre du personnel de l’entreprise) pour la mise en place du brassard et pour l’explication à donner sur la réalisation de 3 mesures consécutives en position assise ;
  • le remplissage du Dépistage HTA est fait par le sujet lui-même. Il doit reporter les chiffres inscrits à l’écran du tensiomètre dans leur intégralité. Ex : 123 pour la SYS (et non 12). Le report de la valeur PULSE n’est pas indispensable. Ne pas attendre entre les mesures : il faut les enchaîner pour être efficace ;
  • une interprétation des mesures est possible en s’aidant du tableau (définitions actuelles ESC 2024) ;
  • les sujets qui ont une 3e mesure SYS/DIA > 140/90 doivent réaliser une automesure sur 3 jours à domicile (tableau à remplir au verso du flyer) ;
  • leur indiquer d’aller voir un médecin APRÈS avoir effectué l’automesure sur 3 jours.

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Etape 2 : Agir pour sa tension = prolonger sa vie en bonne santé

La fiche AGIR POUR SA TENSION est distribuée aux participants pour savoir quoi faire après avoir réalisé un dépistage.

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Etape 3 : Calcul de l’âge des artères

Les participants ont la possibilité de faire le calcul de l’Âge Des Artères : si l’âge des artères est supérieur à l’âge actuel, il faut leur donner rapidement des conseils de prévention individualisés.

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Cette campagne de dépistage est mise en place pour les mécènes de la Fondation (devenir mécène) et comprend :

  • l’envoi de tensiomètres automatiques
  • la formation (20 min) en visio d’un membre de votre équipe pour aider à poser le brassard, remplir le flyer et trouver l’interprétation dans le tableau
  • l’envoi de 2 affiches et du flyer « automesure de dépistage »
  • l’envoi d’un kit de communication (affiche, spots TV) pour informer le public de la date de l’action

Contact : Constance Medvedeff

Tél. 07 63 73 70 96 / c.medvedeff@frhta.org

Exemples d’actions

2025 : actions de dépistage en entreprises

  • Laboratoire BOUCHARA (siège social) (92). : lire le post LinkedIn
  • Terre et Ciel (35)
  • MARIE surgelés (79) : lire l’article paru dans La Nouvelle République
  • Hôpital La Pitié-Salpêtrière (75)
  • Hôtel Le Damantin (75)

Retrouver toutes les actions menées en entreprise

Septembre 2025 : 6 jours du Cœur

La Fondation Hypertension a organisé en France des actions de prévention et de dépistage à l’occasion des « 6 jours du Cœur » du 23 au 28 septembre 2024.

23-28 septembre 2024 : 6 jours du Cœur

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La Fondation Hypertension a organisé en France des actions de prévention et de dépistage à l’occasion des « 6 jours du Cœur » du 23 au 28 septembre 2024.

 

 

17 août 2024 : dépistage au Golf de Tréméreuc (22)

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La Fondation organise des actions de dépistage lors de compétitions sportives, notamment au Golf de Tréméreuc.

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17 mai : Journée Mondiale Hypertension

La Fondation Hypertension organise en France des actions de prévention et de dépistage à l’occasion de la Journée Mondiale de l’Hypertension.

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4e Septembre de la Tension© 2022

Proposé par la Fondation de Recherche sur l’Hypertension Artérielle, l’association de patients « Alliance du Cœur – HTA », avec le partenariat de MESI France et de pharmacies en France métropolitaine

Pour ce 4e Septembre de la Tension, la Fondation de Recherche sur l’Hypertension Artérielle s’est associée à l’Alliance du Cœur-HTA. La nouvelle association des patients hypertendus, créée en 2022, s’appuie sur l’expérience de l’Alliance du Cœur qui regroupe les malades soignés pour des maladies cardiologiques.

De nombreux acteurs de la santé se sont mobilisés au cours du mois de septembre 2022 pour réaliser des mesures de la tension avec des tensiomètres automatiques. Enfin, le 4e septembre de la tension 2022 s’est adressé à tous les patients soignés pour une hypertension artérielle : l’action ludique LaPhoto a permis à tous ceux  qui n’ont pas pu rencontrer un professionnel de santé pendant cette période, de réaliser un AutoTest de la tension. Durant le mois de septembre, 2 participants ont reçu un bon d’achat d’une valeur de 30 € (trente euros) offert par la Fondation.

POUR ALLER PLUS LOIN

Regarder la chaîne YouTube Hypertension France

Écouter la playlist de podcasts Les Voix de l’Hypertension

Les actions de la Fondation sont gratuites… grâce à vos dons !

Autres actions organisées par la Fondation Hypertension

Avec Spengler et les pharmacies du réseau Lafayette :

Décembre 2021.

 

Avec le groupe Holtex-Spengler :

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Avec la Fédération Française des Diabétiques :

Semaine Nationale de Prévention du Diabète

A l’occasion de la Semaine Nationale de Prévention du Diabète, du 24 septembre au 1er octobre 2021 et du 11 au 18 septembre 2020, organisée par la Fédération Française des Diabétiques, la Fondation de Recherche sur l’Hypertension Artérielle a mis à la disposition des diabétiques le test d’autodépistage de la tension » et offert 100 tensiomètres aux bénévoles des associations locales de la Fédération pour leur permettre de réaliser le dépistage de la tension.

Le Pr Xavier Girerd, Président de la Fondation, a participé à la conférence de presse pour expliquer les liens entre diabète et hypertension :

 

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#revoirsonmedecin, une campagne pour toutes les personnes atteintes d’une maladie chronique

La FRHTA et la Fédération Française des Diabétiques, ainsi que 3 autres associations impliquées dans les maladies cardio-métaboliques, ont lancé une campagne nationale qui invite tous les malades chroniques à retourner voir leur médecin au plus vite.

Depuis la fin du 1er confinement, 4 personnes touchées par une maladie chronique sur 10 ne sont pas retournées voir leur médecin généraliste.

C’est ce que révèle un sondage¹ réalisé par l’Institut B3TSI pour la Fédération Française des Diabétiques et ses quatre partenaires Alliance du Cœur, Le Collectif National des personnes atteintes d’obésité, La Fondation pour la recherche sur l’HTA et la Société Française de Santé Digitale. Ce sondage porte sur 2 400 personnes touchées par une maladie chronique en France (du 29 mai au 8 juin 2020) au niveau national et régional. La surcharge de travail des soignants et la crainte de propager le virus ont éloigné les patients chroniques, davantage vulnérables, de leurs professionnels de santé. Or, poursuivre son traitement, ses soins habituels et consulter son médecin et ses soignants est primordial pour les 15 à 20 millions de malades chroniques en France.

Des malades chroniques en danger
A la question « depuis la fin du confinement, avez-vous consulté un médecin généraliste ou pris rendez-vous pour des soins courants ? », 41 % des sondés ont répondu par la négative et n’ont pas encore consulté. Parmi eux, 29 % ont envisagé de le faire dans les 4 prochaines semaines mais 12 % des patients chroniques affirment que « non, je ne l’envisage pas encore ». Cette affirmation est très inquiétante, s’alarme le vice-président de la Fédération Française des Diabétiques, Jean-François Thébaut « nous redoutons l’explosion des complications liées aux maladies chroniques, aux maladies cardio-métaboliques, à l’hypertension artérielle, à l’obésité et même au retard pris pour le dépistage des cancers et qui vont d’un seul coup resurgir tous ensemble. Comme l’indique le Collège de médecine générale, « il s’agit d’une véritable bombe à retardement car la maladie chronique est sournoise et très insidieuse ».

Des comportements disparates en fonction des régions

Des Hauts-de-France à l’Occitanie, de la Bretagne au Grand-est, en passant par le Centre-Val de Loire ou la Bourgogne-Franche-Comté, qu’il s’agisse de zone rouges ou vertes, le confinement et le déconfinement n’ont pas eu les mêmes impacts pour les personnes touchées par une maladie chronique. Les résultats détaillés du sondage par région à découvrir dans le communiqué de presse.

Consultation ou téléconsultation, l’important est de reprendre contact avec son médecin

Pendant le confinement, 24 % des Français atteints de maladies chroniques ont consulté leur médecin généraliste et 28 % ont consulté leur spécialiste en téléconsultation. Un résultat qui montre la confiance qui s’est installée vis-à-vis de la téléconsultation et la nécessité de poursuivre ce mode de consultation.

D’autre part, le sondage relève que ce sont les citadins (13 % habitent dans une commune de plus de 100 000 habitants) et les jeunes (27 % des répondants ont entre 18 et 29 ans) qui ont été les plus nombreux à téléconsulter.

Éviter la propagation du virus et la surcharge de travail des soignants : les principales raisons du renoncement au soin

Les résultats du sondage mettent en relief les raisons qui ont conduit et qui conduisent toujours les personnes atteintes de maladies chroniques à ne pas consulter. Il s’agit tout d’abord d’éviter la propagation du virus pour 35 % d’entre eux et d’éviter la surcharge de travail de son médecin ou de son hôpital pour 36 %. Selon Jean-François Thébaut, vice-président de la Fédération Française des Diabétiques « les patients ne veulent pas déranger leurs soignants avec leur maladie, ils pensent qu’il y a bien plus grave qu’eux et qu’ils passeront après. Pourtant le suivi d’une maladie chronique comme le diabète par exemple, est primordial pour éviter des aggravations. Il est donc urgent pour ces personnes de retourner voir leur médecin et de poursuivre leur suivi médical ».

#revoirsonmedecin, une campagne pour toutes les personnes atteintes d’une maladie chronique

« Maintenant, prenez soin de vous, prenez rendez-vous, en consultation ou téléconsultation » : un message et un visuel simples, un ton bienveillant, une invitation à l’action : la campagne se décline à partir du 11 juin sur les réseaux sociaux via les associations de patients et les structures scientifiques qui la soutiennent et de nombreux autres acteurs associatifs qui se sont engagés à la relayer.

Téléchargez l’intégralité du communiqué de presse

Continuité des soins et maladies chroniques, où en sommes-nous ? : l’interview complète du Pr Girerd, Président de la Fondation de Recherche sur l’hypertension artérielle

 

1. Sondage Chronic Panel – B3TSI pour la Fédération Française des Diabétiques, en ligne, réalisé du 29/05/2020 au soir au 08/06/2020 midi, auprès d’un échantillon de 2 400 personnes, représentatif de la population française âgées de 18 ans et plus et touchées par une maladie chronique. La représentativité est assurée par la méthode des quotas appliquée aux critères suivants : sexe, âge, profession, région et catégorie d’agglomération au niveau national ; et appliqués aux critères d’âge et de sexe au niveau régional.

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