automesure de la tension : POurqUOI LA faire ?1. Dépistage de l’HTA
2.confirmation de l’HTA
3. Surveillance de l’efficacité du traitement antihypertenseur
.4. confirmation d’une tension variable
5. Recherche d’une hypotension
En France, les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) imposent la confirmation d’une suspicion d’hypertension artérielle (HTA) par une mesure hors du cabinet médical avant l’initiation de tout traitement antihypertenseur (sauf urgence). L’automesure sur 3 jours est l’examen de première intention obligatoire. Sa réalisation systématique permet de s’affranchir de l’effet « blouse blanche », d’éviter des prescriptions inappropriées et de poser un diagnostic basé sur le véritable niveau tensionnel de vie du patient.
La MAPA : L’incontournable accès à la pression nocturne
Si l’automesure diurne est indispensable, la Mesure Ambulatoire de la Pression Artérielle (MAPA) apporte une dimension pronostique supérieure en donnant accès à la pression artérielle pendant le sommeil. La littérature scientifique a largement démontré que le niveau tensionnel nocturne est un bien meilleur prédicteur du risque cardiovasculaire et des événements cliniques (AVC, infarctus) que la pression artérielle d’éveil.
Cependant, la MAPA traditionnelle souffre de limites majeures :
• Contraintes physiques : Le dispositif est encombrant, le compresseur est bruyant, et le gonflement répété du brassard huméral perturbe profondément l’architecture du sommeil (micro-réveils).
• Contraintes économiques : Le coût élevé des moniteurs MAPA classiques (compter entre 1 000 et 3 000 €) freine leur déploiement à grande échelle dans les cabinets médicaux.
La synthèse OmronNightView : Le meilleur des deux mondes
L’OmronNightView résout cette équation clinique et logistique. Il s’agit d’un tensiomètre de poignet validé cliniquement pour la mesure en position assise (journée) et en position couchée (nuit).
• Confort et compliance : Totalement silencieux lors du gonflage, il ne réveille pas le sujet et préserve la qualité du sommeil.
• Accessibilité : Avec un coût public de moins de 200 €, il démocratise l’accès à la mesure ambulatoire nocturne.
• Polyvalence : Il permet, pour la première fois, de combiner au cours d’un même examen de 3 jours un protocole d’automesure standardisé et une évaluation MAPA nocturne.
Le protocole pratique « Automesure / MAPA combinée »
Pour assurer la fiabilité des données qui alimenteront le rapport de synthèse, le patient doit suivre scrupuleusement le protocole double sur une période de 3 jours consécutifs.
1. Le volet Éveil : L’automesure classique (Règle des 3/3)
Ces mesures sont volontaires, autodéclenchées par le patient en position assise :
• Le matin : 3 mesures consécutives sans attendre entre chaque mesure au réveil.
• Le soir : 3 mesures consécutives sans attendre entre chaque mesure juste avant de s’endormir.
2. Le volet Sommeil : Le protocole MAPA nocturne
Ce volet repose sur des mesures automatiques et silencieuses, programmées pendant le repos. Le tensiomètre est porté au poignet (droit ou gauche) durant toute la nuit.
• L’activation : Au moment exact du coucher, le patient doit impérativement appuyer sur le bouton [Night] du dispositif pour notifier le début de sa période de repos.
• Le calendrier des mesures : L’appareil déclenchera automatiquement trois sessions de mesures :
◦ Une mesure automatique réalisée à 2h00.
◦ Une mesure automatique réalisée à 4h00.
◦ Une mesure automatique réalisée exactement 4 heures après l’appui initial sur le bouton [Night] (par exemple à 3h30 si le patient s’est couché à 23h30).
• Fréquence : Ce protocole nocturne doit être activé chaque soir, 3 nuits de suite, en parallèle de la réalisation des automesures diurnes.
Les paramètres cliniques obtenus pour votre rapport
À l’issue de ces 3 jours, le recueil des données offre une double lecture clinique immédiate :
1. Le profil d’Automesure diurne : Vous obtenez les moyennes globales des pressions systoliques (PAS), diastoliques (PAD) et de la fréquence cardiaque sur les mesures du matin et du soir. Ce résultat fournit le rapport d’automesure classique conforme aux exigences HAS.
2. Le profil de MAPA nocturne : Vous disposez de la moyenne tensionnelle (PAS, PAD, Fréquence) strictement mesurée pendant le sommeil. Ces données permettent de calculer précisément le pourcentage de dipping systolique (le ratio de baisse tensionnelle entre le jour et la nuit), paramètre fondamental pour identifier les profils à haut risque dits « Non-Dippers » ou « Risers » (absence de baisse ou hausse de la pression nocturne).
Ce protocole offre ainsi une cartographie tensionnelle complète sur 24 heures, alliant la rigueur scientifique de la MAPA au confort d’utilisation de l’automesure à domicile.
La mesure de la pression artérielle chez les patients présentant un rythme cardiaque irrégulier (Fibrillation Atriale ou extrasystoles fréquentes) est complexe.
Le Think Thank Hypertension France – présidé par le Pr Girerd – face à l’évolution des pratiques et des méthodes de mesure, propose de repenser la méthode de mesure selon trois axes :
1. Bannir la méthode auscultatoire manuelle
2. Imposer l’utilisation systématique des appareils automatiques avec détection AFib et mode « triple mesure ».
3.Interpréter de façon prudente les chiffres en cas de forte arythmie et donner de l’importance à l’éducation thérapeutique pour l’automesure chez ces patients spécifiques.
Un texte de référence dans SYSTOLIK intitulé Proposition de recommandation pour fiabiliser la mesure tensionnelle automatique chez le patient en arythmie (FA/Extrasystoles) sera publié en mai 2026.

Réaliser un Dépistage HTA
Utiliser l’application gratuite suiviHTA
Découvrir le programme AGIR pour sa tension
Répondez au questionnaire « Connaissez-vous votre tension ? » (Know Your Number France)
selon la recommandation ESC 2024
La mesure de la pression artérielle du matin doit être effectuée au moment du petit déjeuner et pas immédiatement après le réveil. La mesure du soir doit être effectuée avant le coucher en position assise.
> reporter les mesures sur le relevé d’automesure
> ou dans l’appli SuiviHTA qui permet de conserver les résultats de la tension sur son smartphone et de télécharger un PDF à envoyer au professionnel de santé.

« L’HTA est une maladie qui débute de façon le plus souvent silencieuse, le seul moyen de la repérer est de réaliser un dépistage par une automesure, au moins une fois par an à partir de l’âge de 40 ans ». En cas d’apparition de céphalées (maux de tête) et dans l’attente d’une consultation médicale, le contrôle de la pression artérielle par automesure est recommandé même si la tension était habituellement normale. En effet, une HTA peut survenir sans raison particulière alors que le sujet avait toujours une tension satisfaisante dans ses antécédent.
Le protocole de l’automesure de dépistage doit comprendre au moins deux mesures successives et même trois de façon optimale. En effet chez 50 % des sujets, il est retrouvé que la dernière mesure de la SYS est différente de la première (chez 35% elle est plus basse et chez 15% elle est plus haute).
Pour le suivi de l’HTA, en particulier lorsqu’un traitement antihypertenseur est prescrit, l’automesure est aussi très utile. Il est alors conseillé de pratiquer une automesure sur 3 jours en suivant la « règle des 3 » proposée en France depuis le début des années 2000 par le Comité de Lutte contre l’Hypertension .
L’automesure sur 3 jours permet aussi d’ évaluer l’efficacité sur la pression artérielle des mesures diététiques et de l’activité physique et sportive.
Depuis 2024 (recommandations ESC 2024) avec une confirmation en 2025 (guidelines AHA/ACC), l’auto-mesure repose sur la règle des « 2-2-3 » (2 mesures le matin, 2 mesures le soir, pendant 3 jours). « Deux mesures suffisent en effet car statistiquement il est rare que la troisième diffère de la deuxième » explique le Pr Girerd. Il est important de prendre sa tension en position assise, les jambes non croisées. Le brassard doit être positionné sur le bras à hauteur des mamelons, le bras laissé le long du corps ou posé sur une table. On ne change pas de bras entre les deux mesures. Celles-ci se prennent immédiatement l’une après l’autre, avec 1 minute maximum d’attente.
Selon la Guideline AHA/ACC 2025, il ne faut pas regarder un smartphone ou la télévision pendant l’automesure de la tension.
« Mieux vaut ne pas mesurer sa tension juste au réveil – car elle monte en fin de nuit en prévision du lever, pour permettre au corps de tenir la position debout – mais une demi-heure plus tard, par exemple au moment du petit-déjeuner en position assise. Le soir, le mieux est juste avant de se mettre au lit. C’est d’ailleurs la mesure à privilégier pour ceux qui n’auraient pas eu le temps de prendre celle du matin.
Vous pouvez les noter sur un carnet et faire la moyenne une fois que vous avez réalisé les 12 mesures. Pour obtenir la moyenne, il suffit d’additionner les 12 chiffres de la pression systolique puis de diviser par 12. Même opération pour les chiffres de la pression diastolique. Bon à savoir : il existe une application à télécharger gratuitement, SuiviHTA, validée par La Fondation de Recherche sur l’Hypertension Artérielle. « Elle calcule les moyennes, délivre un rapport sur la tension du patient et des conseils adaptés, conserve l’historique des données » décrit le Pr. Girerd.
Il faut un appareil automatique (et non traditionnel) qui gonfle le brassard puis affiche les chiffres sur un écran digital.
Le top 3 des tensiomètres automatiques de bras :
- Veroval Compact de Hartmann, 36,90 €
- Tensonic de Spengler, 42,90 €
- M3 d’Omron, 58,90 €
A l’issue d’une automesure de dépistage, la Fondation vous propose de calculer l’âge de vos artères et de voir la photo de votre visage à l’âge de vos artères.