automesure de la tension : POurqUOI LA faire ?1. Dépistage de l’HTA
2. Confirmation de l’HTA
3. Surveillance de l’efficacité du traitement antihypertenseur
.4. Confirmation d’une tension variable
5. Recherche d’une hypotension
Septembre 2026- A l’occasion de la campagne nationale de la CNAM pour promouvoir l’automesure de la tension, le Pr Xavier Girerd créateur de la fameuse « règle des trois » en 2001 annonce la mise à disposition gratuite de la version 100% WebApp de SuiviHTA, l’application qui aide à réaliser et interpréter l’automesure de la tension. Un rapport pdf est obtenu pour permettre la communication des résultats au médecin de son choix.
Les principales fonctionnalités sont :
– le calcul du pourcentage et de la moyenne de la SYS/DIA,
– la prise en compte la fréquence cardiaque,
– le calcul de la Pulse Wave Velocity (souplesse des artères) qui permet d’estimer la présence d’une EVA (âge des artères >âge civil),
– le dépistage de l’hypotension orthostatique (si la mesure 2 a été réalisée en position assise et la mesure 3 en position debout).
Utiliser gratuitement suiviHTA web app directement
Son usage est recommandé par les cardiologues et par l’Alliance Hypertension France.
Septembre 2026 : Des travaux réalisés par le experts du Think Tank Hypertension France démontrent que l’automesure du matin devrait comporter, après le réveil mais avant le lever, une mesure couchée puis une mesure assise les jambes au bord de son lit. Avec ces deux mesures il est possible de calculer l’Indice de Variation d’Éveil (IVEM) qui permet d’estimer le dipping de sommeil écrit le Pr Xavier Girerd dans le numéro de septembre 2026 de SYSTOLIK. Le dipping systolique et calculé à partir de la pression du soir d‘une automesure et de la pression systolique enregistrée pendant le sommeil avec une MAPA ou un tensiomètre de poignet OmronNightView. De nombreuses études ont démontré que les sujets ayant un dipping entre de 15 à 20% avaient une protection optimale vis-à-vis du risque d’AVC.
Un essai N-of-1 sur 11 cycles jour/nuit consécutifs (99 automesures SYS/DIA/FC valides, Omron poignet NightView HEM-9601T) a été réalisé. L’étude a comparé les automesures systoliques entre le soir en position assise jambes pendantes au bord du lit (21h-24h), le sommeil en position couchée de façon automatique et totalement silencieuse (2h-6h), réveil couché en position allongée dans son lit avant le lever (6h-8h) et réveil assis en position assise jambe pendantes au bord du lit avant de se mettre debout (8h-10h) a été réalisé. A partir de ces données il a été calculé : le dipping %SYS [soir-sommeil/soir] et l’indice de variation d’éveil matin (IVEM = SYS soir assis- SYS réveil couché/ SYS soir assis]).
Résultats La pression systolique et diastolique augmente entre la mesure prise le matin dans son lit réveillé mais en position couchée et la mesure le matin assis au bord de son lit avant de se mettre debout (114/66 à 133/89 mmHg). La fréquence cardiauqe aumente modérement (66 à 72 batt/min). (Moyenne ± ET) L’ANOVA à mesures répétées montre un effet significatif de la position : SYS (F = 13,5 p = 0,0004), DIA (F = 39,7, p < 0,0001) et FREQ (F = 5,41, p = 0,0161).

Le passage de la position couché à assis induit une hausse diastolique relative double de la systolique (34,3% vs16,6%) (%SYS\%DIA = 0,48) sans augmentation de la FC.
L’indice de variation d’éveil matin est significativement corrélé au dipping systolique (r= 0,743 ; p = 0,0088). Une variation d’éveil le matin ( >9%) identifie avec fiabilité les cycles ayant présenté un profil dipper de sommeil (>20%).
Ces données indiquent que l’élévation tensionnelle de la mise en position assise le matin résulte d’une vasoconstriction réflexe myogénique (effet Bayliss) et véno-artériolaire, et non d’une stimulation adrénergique.
Cette étude indique que au réveil le simple passage de la position allongée à la position assise déclenche un une réponse des vaisseaux (vasoconstriction) qui induit l’augmentation de la pression artérielle par un réflexe myogénique (ou effet Bayliss) et pas par un effet de stress adrénergique.
De plus Si la pression systolique mesurée allongé dans le lit le matin est inférieure d’au moins 9 % à celle mesurée assis la veille au soir, cela suggère avec une forte probabilité que le dipping a atteint le niveau très protecteur de plus de 20 % pendant la nuit (un profil très favorable de protection contre l’AVC).
Pour réaliser une automesure de précision, le Pr Girerd conseille lors d’une automesure de rester dans son lit en position allongé pour effectuer une première mesure puis de se mettre assis au bord de son lit pour effectuer une deuxième mesure avant de se mettre debout. Une troisième mesure peut être effectuée en assise mais il est conseillé de la réaliser après 1 minute de position debout ce qui permet de recherche une hypotension orthostatique (baisse de plus de 20 de la pression systolique.
Avec ce nouveau protocole pour l’automesure du matin, la médecin de précision en hypertension est en route !
En France, les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) imposent la confirmation d’une suspicion d’hypertension artérielle (HTA) par une mesure hors du cabinet médical avant l’initiation de tout traitement antihypertenseur (sauf urgence). L’automesure sur 3 jours est l’examen de première intention obligatoire. Sa réalisation systématique permet de s’affranchir de l’effet « blouse blanche », d’éviter des prescriptions inappropriées et de poser un diagnostic basé sur le véritable niveau tensionnel de vie du patient.
La MAPA : L’incontournable accès à la pression nocturne
Si l’automesure diurne est indispensable, la Mesure Ambulatoire de la Pression Artérielle (MAPA) apporte une dimension pronostique supérieure en donnant accès à la pression artérielle pendant le sommeil. La littérature scientifique a largement démontré que le niveau tensionnel nocturne est un bien meilleur prédicteur du risque cardiovasculaire et des événements cliniques (AVC, infarctus) que la pression artérielle d’éveil.
Cependant, la MAPA traditionnelle souffre de limites majeures :
• Contraintes physiques : Le dispositif est encombrant, le compresseur est bruyant, et le gonflement répété du brassard huméral perturbe profondément l’architecture du sommeil (micro-réveils).
• Contraintes économiques : Le coût élevé des moniteurs MAPA classiques (compter entre 1 000 et 3 000 €) freine leur déploiement à grande échelle dans les cabinets médicaux.
La synthèse OmronNightView : Le meilleur des deux mondes
L’OmronNightView résout cette équation clinique et logistique. Il s’agit d’un tensiomètre de poignet validé cliniquement pour la mesure en position assise (journée) et en position couchée (nuit).
• Confort et compliance : Totalement silencieux lors du gonflage, il ne réveille pas le sujet et préserve la qualité du sommeil.
• Accessibilité : Avec un coût public de moins de 200 €, il démocratise l’accès à la mesure ambulatoire nocturne.
• Polyvalence : Il permet, pour la première fois, de combiner au cours d’un même examen de 3 jours un protocole d’automesure standardisé et une évaluation MAPA nocturne.
Le protocole pratique « Automesure / MAPA combinée »
Pour assurer la fiabilité des données qui alimenteront le rapport de synthèse, le patient doit suivre scrupuleusement le protocole double sur une période de 3 jours consécutifs.
1. Le volet Éveil : L’automesure classique (Règle des 3/3)
Ces mesures sont volontaires, autodéclenchées par le patient en position assise :
• Le matin : 3 mesures consécutives sans attendre entre chaque mesure au réveil.
• Le soir : 3 mesures consécutives sans attendre entre chaque mesure juste avant de s’endormir.
2. Le volet Sommeil : Le protocole MAPA nocturne
Ce volet repose sur des mesures automatiques et silencieuses, programmées pendant le repos. Le tensiomètre est porté au poignet (droit ou gauche) durant toute la nuit.
• L’activation : Au moment exact du coucher, le patient doit impérativement appuyer sur le bouton [Night] du dispositif pour notifier le début de sa période de repos.
• Le calendrier des mesures : L’appareil déclenchera automatiquement trois sessions de mesures :
◦ Une mesure automatique réalisée à 2h00.
◦ Une mesure automatique réalisée à 4h00.
◦ Une mesure automatique réalisée exactement 4 heures après l’appui initial sur le bouton [Night] (par exemple à 3h30 si le patient s’est couché à 23h30).
• Fréquence : Ce protocole nocturne doit être activé chaque soir, 3 nuits de suite, en parallèle de la réalisation des automesures diurnes.
Les paramètres cliniques obtenus pour votre rapport
À l’issue de ces 3 jours, le recueil des données offre une double lecture clinique immédiate :
1. Le profil d’Automesure diurne : Vous obtenez les moyennes globales des pressions systoliques (PAS), diastoliques (PAD) et de la fréquence cardiaque sur les mesures du matin et du soir. Ce résultat fournit le rapport d’automesure classique conforme aux exigences HAS.
2. Le profil de MAPA nocturne : Vous disposez de la moyenne tensionnelle (PAS, PAD, Fréquence) strictement mesurée pendant le sommeil. Ces données permettent de calculer précisément le pourcentage de dipping systolique (le ratio de baisse tensionnelle entre le jour et la nuit), paramètre fondamental pour identifier les profils à haut risque dits « Non-Dippers » ou « Risers » (absence de baisse ou hausse de la pression nocturne).
Ce protocole offre ainsi une cartographie tensionnelle complète sur 24 heures, alliant la rigueur scientifique de la MAPA au confort d’utilisation de l’automesure à domicile.
La mesure de la pression artérielle chez les patients présentant un rythme cardiaque irrégulier (Fibrillation Atriale ou extrasystoles fréquentes) est complexe.
Le Think Thank Hypertension France – présidé par le Pr Girerd – face à l’évolution des pratiques et des méthodes de mesure, propose de repenser la méthode de mesure selon trois axes :
1. Bannir la méthode auscultatoire manuelle
2. Imposer l’utilisation systématique des appareils automatiques avec détection AFib et mode « triple mesure ».
3.Interpréter de façon prudente les chiffres en cas de forte arythmie et donner de l’importance à l’éducation thérapeutique pour l’automesure chez ces patients spécifiques.
Un texte de référence dans SYSTOLIK intitulé Proposition de recommandation pour fiabiliser la mesure tensionnelle automatique chez le patient en arythmie (FA/Extrasystoles) sera publié en mai 2026.

Réaliser un Dépistage HTA
Utiliser l’application gratuite suiviHTA
Découvrir le programme AGIR pour sa tension
Répondez au questionnaire « Connaissez-vous votre tension ? » (Know Your Number France)
selon la recommandation ESC 2024
La mesure de la pression artérielle du matin doit être effectuée au moment du petit déjeuner et pas immédiatement après le réveil. La mesure du soir doit être effectuée avant le coucher en position assise.
> reporter les mesures sur le relevé d’automesure
> ou dans l’appli SuiviHTA qui permet de conserver les résultats de la tension sur son smartphone et de télécharger un PDF à envoyer au professionnel de santé.

« L’HTA est une maladie qui débute de façon le plus souvent silencieuse, le seul moyen de la repérer est de réaliser un dépistage par une automesure, au moins une fois par an à partir de l’âge de 40 ans ». En cas d’apparition de céphalées (maux de tête) et dans l’attente d’une consultation médicale, le contrôle de la pression artérielle par automesure est recommandé même si la tension était habituellement normale. En effet, une HTA peut survenir sans raison particulière alors que le sujet avait toujours une tension satisfaisante dans ses antécédent.
Le protocole de l’automesure de dépistage doit comprendre au moins deux mesures successives et même trois de façon optimale. En effet chez 50 % des sujets, il est retrouvé que la dernière mesure de la SYS est différente de la première (chez 35% elle est plus basse et chez 15% elle est plus haute).
Pour le suivi de l’HTA, en particulier lorsqu’un traitement antihypertenseur est prescrit, l’automesure est aussi très utile. Il est alors conseillé de pratiquer une automesure sur 3 jours en suivant la « règle des 3 » proposée en France depuis le début des années 2000 par le Comité de Lutte contre l’Hypertension .
L’automesure sur 3 jours permet aussi d’ évaluer l’efficacité sur la pression artérielle des mesures diététiques et de l’activité physique et sportive.
Depuis 2024 (recommandations ESC 2024) avec une confirmation en 2025 (guidelines AHA/ACC), l’auto-mesure repose sur la règle des « 2-2-3 » (2 mesures le matin, 2 mesures le soir, pendant 3 jours). « Deux mesures suffisent en effet car statistiquement il est rare que la troisième diffère de la deuxième » explique le Pr Girerd. Il est important de prendre sa tension en position assise, les jambes non croisées. Le brassard doit être positionné sur le bras à hauteur des mamelons, le bras laissé le long du corps ou posé sur une table. On ne change pas de bras entre les deux mesures. Celles-ci se prennent immédiatement l’une après l’autre, avec 1 minute maximum d’attente.
Selon la Guideline AHA/ACC 2025, il ne faut pas regarder un smartphone ou la télévision pendant l’automesure de la tension.
« Mieux vaut ne pas mesurer sa tension juste au réveil – car elle monte en fin de nuit en prévision du lever, pour permettre au corps de tenir la position debout – mais une demi-heure plus tard, par exemple au moment du petit-déjeuner en position assise. Le soir, le mieux est juste avant de se mettre au lit. C’est d’ailleurs la mesure à privilégier pour ceux qui n’auraient pas eu le temps de prendre celle du matin.
Vous pouvez les noter sur un carnet et faire la moyenne une fois que vous avez réalisé les 12 mesures. Pour obtenir la moyenne, il suffit d’additionner les 12 chiffres de la pression systolique puis de diviser par 12. Même opération pour les chiffres de la pression diastolique. Bon à savoir : il existe une application à télécharger gratuitement, SuiviHTA, validée par La Fondation de Recherche sur l’Hypertension Artérielle. « Elle calcule les moyennes, délivre un rapport sur la tension du patient et des conseils adaptés, conserve l’historique des données » décrit le Pr. Girerd.
Il faut un appareil automatique (et non traditionnel) qui gonfle le brassard puis affiche les chiffres sur un écran digital.
Le top 3 des tensiomètres automatiques de bras :
- Veroval Compact de Hartmann, 36,90 €
- Tensonic de Spengler, 42,90 €
- M3 d’Omron, 58,90 €
A l’issue d’une automesure de dépistage, la Fondation vous propose de calculer l’âge de vos artères et de voir la photo de votre visage à l’âge de vos artères.